Jour de lessive et des haricots blancs

 

Rituellement tous les lundis étaient consacrés à la lessive, avec un lundi sur deux la grande lessive puisque huit paires de draps s'ajoutaient au linge ordinaire. Les patrons apportaient le linge sale le jeudi et reprenait celui de la semaine précédente lavé et repassé.
La buanderie se trouvait dans les dépendances de la grande maison avec dans le foyer un énorme chaudron avec sa "cheminée" posé sur un trépied  pour faire bouillir le linge; un grand bassin récupérateur des eaux de pluie et nombre de bassines, planches à laver, savons (ceux qui séchaent au dessus de la cheminée), brosses en chiendent, tréteaux, brouettes, sans oublier les paquets de lessives (paic ou bonux avec ses petits cadeaux) et bien sur  les boules de bleu pour blanchir le linge.
Le samedi, il fallait trier le linge, celui qui bout et le reste, mettre  le plus sale  à décrasser dans des grandes bassines remplies d'eau de pluie et de lessive, garnir le foyer. Le lundi matin, le linge décrassé était disposé dans le chaudron autour  de la cheminée puis recouvert d'eau et de lessive et mis à bouillir. Pendant ce temps le reste de la lessive  était savonné et brossé sur la planche.

Une fois le linge bouilli, on le retirait à l'aide d'un grand bâton pour ne pas se brûler. Une fois brossées les taches récalcitrantes, on le rinçait, l'hiver dans de l'eau claire du bassin récupérateur ou tirée du puits. L'été on allait au lavoir.

                                                                                                                                                      Lavoir

 

 

Materiel pour lavoir

Ce n'était pas un lavoir public, mais un lavoir aménagé au bord d'une une mare d'eau dans un pré à quelques centaines de mètres de la maison, en bas de la rue des Sables. Bien souvent  les prés ou jardins possédaient un lavoir. Ma grand-mère s'agenouillait dans une sorte de baquet en bois avec une planche inclinée, garni d'un sac de jute replié, pour que ce soit moins dur et moins froid. Elle secouait chaque pièce  dans l'eau pour enlever la lessive puis le battait pour l'essorer le plus possible.
Remonter cette rue des Sables en poussant une brouette de linge mouillé, ce n'était pas une sinécure.

Le linge était ensuite étendu sur des fils de fer ou étalé sur les pelouses.

Et pendant ce temps, sur le foyer de la cheminée de la maison, cuisaient un pot de haricots blancs garnis d'un morceau de lard pour le repas du midi. il suffisait d'aller une ou deux fois dans la matinée remettre une buche pour que le feu ne s'éteigne pas.